Appel pour la République et pour la France

Au printemps prochain, la France a rendez-vous avec l’Histoire : jamais sans doute, depuis le début de la Ve République, l’issue d’un scrutin n’aura été aussi lourde de conséquences, ni les valeurs démocratiques autant menacées par la convergence de trois extrémismes identitaires, qui se nourrissent mutuellement et renforcent le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, dont on connaît la puissance historiquement explosive et contagieuse.

D’abord l’extrême-droite. Jamais, depuis 1940, elle n’a été aussi proche de conquérir le pouvoir. Cette hypothèse, jusqu’ici saugrenue, est devenue au fil des ans de moins en moins improbable. Et si tout le monde a les yeux rivés sur l’Élysée, l’entrée en nombre des représentants de l’extrême-droite à l’Assemblée nationale ne constitue pas un risque moins important.

D’ailleurs, quel que soit le sort des urnes, elle a d’ores et déjà remporté une victoire, puisque ses thèmes favoris – le racisme et la peur de l’autre – sont au cœur de tous les débats et qu’ils sont repris – et parfois même amplifiés ! – par des hommes politiques qui aspirent à gouverner la France.

Ensuite, l’islam politique. Les attentats terroristes qui ont ensanglanté notre pays n’en sont que la manifestation la plus visible. Il s’emploie à attiser la haine et encourage le repli communautariste. Il teste, marche après marche, la résistance de nos valeurs et cherche à imposer la primauté des lois religieuses sur celles de la Nation. Il renforce ainsi l’extrême-droite, qui prétend le combattre mais se réjouit secrètement de ses excès.

Enfin, une certaine extrême-gauche raciste et antisémite, adepte des théories du complot, complaisante avec l’islamisme. Elle est obsédée par un prétendu « racisme d’État » et divise la société en groupes ethniques. Elle aussi favorise la montée de l’extrême-droite, dont elle affecte d’être le pire ennemi.

La paix civile est menacée. Se taire, c’est être complice.

Face à l’offensive extrémiste, trop de nos concitoyens demeurent silencieux, dans un état de sidération dont il est urgent de sortir.

Il est encore temps de réagir. L’heure est venue de refuser le fatalisme, d’entrer en résistance et de proclamer, partout et en tous lieux, notre attachement à la République et à la démocratie.

Dans la rue, au bureau, dans les associations, à l’usine, au café ou à la fac, dans la presse ou les réseaux sociaux, et demain dans les urnes, faisons entendre notre voix ! Faisons ensemble barrage à tous les extrémismes.

C’est pourquoi, parce que nous refusons la honte de les voir triompher sans avoir même combattu, nous, signataires de cet appel, nous engageons à la mobilisation générale contre les extrémismes, pour la République, pour la France :

– en diffusant cet appel autour de nous et en le partageant sur les réseaux sociaux

  en les appelant à voter lors des élections présidentielles et législatives

 en mettant tous les moyens démocratiques en œuvre pour faire battre dans les urnes les candidats défiant les valeurs de la République

Cet appel citoyen est lancé à l’initiative de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA).

Il a vocation à être partagé, repris, diffusé, signé par tous ceux qui sont attachés aux valeurs de la République.

L’objectif est de faire se lever une majorité aujourd’hui très largement silencieuse qui refuse le fatalisme et la prolifération des extrémismes politiques et religieux. Partant du principe que « celui qui ne combat pas a déjà perdu », cet appel est une invitation à la mobilisation et à la résistance.